Une cohabitation forcée entre humains et rats

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Deux rats cherchant de la nourriture.          photo: Leprag 

A Toulouse en 2016, ce sont 5489 interventions de dératisation qui ont dû avoir lieu pour contrôler la population de rats dans la ville. Depuis toujours, le rat est un animal assimilé à la saleté, la maladie et pour cause : il est porteur des gènes de la leptospirose et de la peste. De plus, son habitat naturel est l’espace urbain, là où se concentrent les populations humaines et leurs déchets

Les rats se nourrissent des déchets que les Hommes produisent. Plus il y a de détritus, plus il y a de nuisibles. En France, les villes les plus touchées sont Paris et Marseille avec près de 2 rats par habitant. Par exemple, à Marseille, l’école maternelle de Rose-Val-Plan à été fermée en 2016 pour cause de rongeurs dans les classes. 

A Toulouse, on est sur un ratio d’un surmulot par habitant. Il y a donc une lutte constante entre Homme et Rat : Guillaume Verlaget, directeur des services à la population explique comment celle-ci s’organise. “La responsabilité de cette lutte repose sur plusieurs acteurs dont la mairie, la métropole toulousaine et les particuliers évidemment dans la gestion de leurs déchets”. Mais également sur l’organisation du bâtiment car “lorsque des travaux sont réalisés en surface ou en sous-sol, cela perturbe la vie des nuisibles qui déplacent donc leurs colonies vers les habitations”. A leur tour ils perturbent notre vie économique en rongeant par exemple les câbles (électricité, eau, …).

Régulation et non pas extermination 

Pour limiter leur nombre, la ville travaille beaucoup sur son tri des déchets, en faisant par exemple des composts. Cette initiative est bénéfique pour l’environnement et la réduction des déchets malheureusement, ceux-ci attirent encore plus de rongeurs. 

Le point crucial de la lutte contre ces arvicoles urbains est de ne pas les exterminer mais de réguler leur population. Ils sont utiles à l’Homme puisqu’ils mangent ses déchets, mais perturbés par celui-ci ils envahissent son espace, devenant ainsi un danger. 

La ville a donc mis en place des distributions de raticide durant les périodes où les rats sont les plus prolifiques. La mairie coordonne également des missions de sensibilisation au problème tout en maintenant un rôle de conseiller pour les habitants. 

Le problème majeur reste la capacité d’adaptation des rats qui, malgré un ajustement régulier des produits, y sont de plus en plus résistants. D’autres solutions voient alors le jour comme l’insertion de furets qui les chassent. A Paris, un dératiseur privé à mis au point un traitement par neige carbonique, supposé mortel pour les rongeurs et inoffensif pour l’Homme. A New-York, la ville étudie la création d’un gaz chimique diminuant la fertilité des rates.

Des produits non-toxiques 

Lorsque leurs invasions augmentent, la ville distribue également des raticides non-toxiques : des anticoagulants. Mais ce ne sont pas les seuls produits efficaces, il existe également des mélanges que l’on peut faire chez soi, si l’on dispose des ingrédients nécessaire. En mélangeant par exemple du sucre et de la chaux vive : le sucre sert d’appât, la chaux de poison. Une autre méthode un peu plus ancienne consiste à mélanger de la farine et du plâtre et à en déposer sur le passage des rats. 

En attendant que tout cela soit au point, il existe néanmoins des produits naturels pour les tenir loin de votre domicile. A l’état naturel ou en huiles essentielles: il existe le poivre noir (ou menthe poivrée), l’angélique, la sauge, l’eucalyptus, la menthe et la citronnelle. Ils sont à déposer sur leur passage, autour de votre maison, dans leur colonies. Ces produits sont de bons répulsifs et sans danger pour vos animaux de compagnie ou vous-même. 

Emeline Lagarde

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