Transplantés : faites du sport !

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Jean-Christophe Voise, greffé du coeur, multi médaillés aux jeux nationaux de Dôle, en 2019. | Photo @Voise Jean-Christophe

La médecine pousse désormais à associer sport et transplantation. De nombreuses associations (Trans-Forme, Athlé 632, Fédération Française d’Handisport, etc.) mettent tout en œuvre pour permettre aux transplantés de faire du sport. Il y a en France 57 000 greffés. 1 200 se sont présentés aux derniers jeux mondiaux des transplantés (à Newcastle, Angleterre).

Dans le froid glacial, l’affluence est faible autour de la piste d’athlétisme des Quéfets à tournefeuille. Qu’importe, Jean-Christophe Voise s’entraîne, javelot en main. Cet athlète multi médaillés aux derniers jeux mondiaux a une particularité : il est greffé du coeur. Son objectif : retrouver goût au sport après une lourde opération du coeur en 2017, qu’il a surmontée “étape par étape”.  Deuxième objectif de Jean-Christophe Voise : inciter les transplantés à faire du sport après une greffe. « Les transplantés, c’est un peu comme une grande famille », dit-il. Le président de son club, ATHLE632, Yves Bellanger avoue que lorsque Jean-Christophe Voise cherchait une école d’athlétisme, il y a eu « une certaine appréhension, ce cas ne s’étant jamais présenté ». Désormais, l’association se sent « prête à accueillir d’autres transplantés ».

Aujourd’hui, la transplantation n’est plus un « miracle ». Les médecins ont changé leurs discours et prescrivent l’activité sportive. Trans-Forme organise les jeux mondiaux, nationaux et européens. Pour son président, Olivier Coustère, l’évolution de ces dernières années est « plus que positive ». Il insiste sur l’augmentation des greffés inscrits aux jeux (record prévue pour l’édition nationale à Narbonne en mai, en suspens à cause du coronavirus), mais surtout sur « l’énorme augmentation de la médiatisation » depuis quelques années. Olivier Coustère veut mobiliser les hôpitaux pour prescrire l’activité physique aux transplantés. Cette année, aux jeux nationaux, les CHU de France auraient dû relever un nouveau défi : celui d’avoir le plus de représentants possibles.

Encore du progrès à accomplir

« Il n’y en a jamais assez » pour le président de Trans-Forme et seuls « le bouche à oreille et les affiches » permettent d’ouvrir la grande famille du sport à de nouveaux transplantés. Il explique aussi le manque de médiatisation (qui cependant est en hausse constante) et de public par le fait qu’un « transplanté ce n’est pas spectaculaire, cela n’attire pas ». Yves Bellanger insiste : « les transplantés et le sport ne sont pas une fédération, juste une association en France, avec un statut intermédiaire, sans vraies structures ». Il ajoute que s’il y avait plus de transplantés informés, « on serait plus ouverts à les accueillir » qu’auparavant. Finalement, l’objectif de la pratique du sport est de respecter la chance de se remettre debout. C’est d’être « comme une grande famille », de contrarier les effets néfastes des médicaments dans une « compétition » qui n’en a que le nom.

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