Renouveau dans les moyens de lutte pour la cause animale

par

Militant dans l’association « Anonymous for the Voiceless » , place du Capitole, Toulouse
©: ​Jill Bathurst

Dans un contexte politique agité, des acteurs prennent la question de la représentation au pied de la lettre. Focus sur les associations de défense des animaux et leurs nouveaux moyens de sensibilisation dans Toulouse.

Tous en cercle, des ordinateurs dans les mains et des masques blancs sur le visage, les membres de l’association «Anonymous for the Voiceless» diffusent en pleine ville des vidéos choquantes des animaux dans les abattoirs. C’est en s’appuyant sur la diffusion d’images que cette association a décidé de se faire entendre.

« La mise en scène attire l’attention des passants, le port de masques permet aux militants de se sentir plus en sécurité, mais aussi aux passants de moins se sentir jugés quand ils s’approchent pour regarder les vidéos», explique Mathilde, dirigeante de l’association toulousaine. S’en suit un échange avec les personnes qui sont amenées à réfléchir sur leurs habitudes de consommation et leur comportement vis-à-vis des animaux, le tout dans une atmosphère bienveillante et non-agressive. « Nous voyons plutôt notre démarche comme le fait de planter une graine dans l’esprit des gens à qui nous parlons. Libre à eux ensuite de la cultiver ou non» affirme-t-elle.

Toujours dans l’idée d’attirer l’attention par l’image, certaines associations comme L214 dénoncent les conditions de vie, de transport et d’abattage des animaux en s’appuyant sur des enquêtes vidéo, accompagnées d’informations sourcées. «Les enquêtes filmées ont montré une réelle efficacité» confirme Clara, membre de L214. En effet, faciles à partager, ces vidéos entraînent un impact médiatique important auprès des médias qui les ont rediffusées

Toucher les plus jeunes

Aujourd’hui, les militants pour la cause animale favorisent davantage la sensibilisation par «cible». Ils interviennent par exemple dans le secteur scolaire. Dans les collèges et lycées, l’accent est mis sur l’alimentation et la découverte de divers métiers touchant le secteur animalier (police, vétérinaires, avocats…) afin d’informer les jeunes qui commencent à réfléchir à leur avenir sur les opportunités d’emplois. Chez les plus petits, la communication est plus abstraite. « On leur montre des images de chats à adopter à la SPA et on leur explique comment s’en occuper », précise Céline, Présidente de l’association les4pattounes.
De même, des organismes tels que la SPA tentent de dénicher les particuliers qui maltraitent leurs animaux à travers des enquêtes de terrain. Accompagnée de la police, la SPA intervient directement chez le particulier. C’est après un rappel des lois et des négociations qu’un procureur vient saisir l’animal si la situation n’a pas évolué.

« Nous voyons plutôt notre dé- marche comme le fait de planter une graine dans l’esprit des gens à. Libre à eux ensuite de la cultiver ou non » -Mathilde

Ainsi, ces associations, souvent abolitionnistes (prônant la disparition totale de toute forme d’exploitation et de soumission des animaux à l’homme), ne manquent pas d’idées pour atteindre leurs objectifs. Elles soulèvent des questions éthiques à l’aide d’arguments étayés et proposent des solutions à mettre en œuvre aux niveaux politique et individuel. La loi sur l’interdiction du broyage des poussins et la castration à vif des porcelets d’ici 2021 reflète à elle-même l’influence du militantisme pour la cause animale dans la société qui a tendance à s’imposer de plus en plus.

Pour aller plus loin:

L214, la référence de la lutte pour la cause animale

Dans les coulisses

Découvrez comment cet article a été réalisé, la carte des intervenants possibles ainsi qu’une revue de presse sur le sujet.

Le lien du blog de l’auteur ici