Quand les malvoyants jouent au foot

par

L’équipe du Toulouse Football Cécifoot

Le cécifoot est un handisport assez méconnu du grand public. Il est pratiqué par des athlètes déficients visuels. Ce handisport suit les règles de la FIFA avec des aménagements pour tenir compte du handicap des joueurs.

Ce n’est pas un entraînement comme les autres. Le ballon est composé de grelots à l’intérieur, les joueurs annoncent des “voy” (“je suis là” en espagnol) dans tous les sens et portent tous un masque. Bienvenue dans l’univers du cécifoot. Univers dans lequel les participants s’affrontent à 4 contre 4 joueurs non-voyants avec leur gardien qui est lui valide, dans un terrain délimité par des barrières gonflables ou en plastique empêchant le ballon de sortir. Arnaud, ancien international français et joueur actuel du Toulouse Football cécifoot, raconte : On s’imagine le terrain dans la tête.” Mais Arnaud et ses coéquipiers ne sont pas seuls sur le terrain. Un guide est présent derrière le but de l’adversaire pour les aider à situer la cage adverse. L’entraîneur oriente lui, ses protégés depuis le bord du terrain et le gardien les guide pour la zone défensive.

Depuis 2004, le sport est devenu officiellement un sport paralympique. C’est d’ailleurs pendant les JO paralympique de 2012 à Londres qu’Arnaud a obtenu avec l’Équipe de France sa médaille d’argent. Il raconte ce moment comme “l’un des meilleurs de sa vie”. Malgré tout, ce sport reste amateur,  même à haut-niveau. Mais pour le coach du Toulouse Football Cécifoot, Alexis Salles, qui dirige l’équipe depuis 6 ans, malgré que les joueurs sont toujours les mêmes, les équipes encadrantes se rajeunissent et le niveau d’accompagnement se calque désormais sur ce qu’il se fait dans le sport valide. En plus de cela, la Fédération Française de Handisport a depuis, l’an dernier, mis en place une page Facebook afin d’informer des résultats des compétitions nationales ainsi que ceux de l’Équipe de France.

“Un sac plastique autour du ballon”

Arnaud est passionné de foot et de sport en général, ce qui l’a poussé à pratiquer le cécifoot. Il avoue “qu’étant petit, je jouais déjà dans le jardin de mes parents avec un sac plastique autour du ballon pour pouvoir jouer”. Ce système D l’a ensuite poussé à venir s’entraîner dans un club. Il s’exprime sur ses premiers pas qui n’ont pas été aussi compliqués que ce qu’il n’avait imaginé. “Je me suis entrainé une semaine, je suis parti en compétition la semaine d’après et j’inscrivais mon premier but, les débuts de rêve”

“Améliorer l’estime des joueurs”

Arnaud invite tous les jeunes handicapés “à ne pas hésiter de venir taper dans le ballon”. Le cécifoot aide à connaître des personnes et surtout développer son esprit d’équipe. Même discours du côté de son coach. Selon lui “le cécifoot permet, comme les autres disciplines handisport, à ses pratiquants, d’améliorer l’estime qu’ils ont d’eux-mêmes au travers de progrès et de performances”. Il ajoute “c’est l’amélioration de l’estime de soi qui les aide à trouver leur place dans la société”. Le cécifoot ne possède qu’une dizaine d’équipes en France. Un énorme frein à son développement qui pourra, peut-être, un jour, être rattrapé par le rayonnement que pourrait offrir les clubs professionnels de football à cette discipline.

Pour aller plus loin

Infographie, vidéos, sons, découvrez les enrichissements sur le sujet ! 

Dans les coulisses

Découvrez comment cet article a été réalisé, la carte des intervenants possibles ainsi qu’une revue de presse sur le sujet. 

Ne manquez pas les autres articles