Les clips de rap passent à l’action

Illustration d'une réalisation de clip de rap

Depuis le début des années 2010, le monde de la musique et plus particulièrement du rap, est entré dans une nouvelle dimension. En effet, avec l’essor des réseaux sociaux et des plateformes telles que YouTube, l’image que les rappeurs laissent paraître est devenue un véritable enjeu de survie.

22 mars 2019, le clip « Au DD » des rappeurs N.O.S et Ademo du groupe PNL, atteint les 12 millions de vues en seulement 48 heures. Ce jour-là est peut-être celui qui représente le mieux cette transition de la simple musique, à celle de la retranscription visuelle et imagée. Le clip fait le tour des réseaux sociaux, et bien plus que ça, le tour du monde. Un succès retentissant, donc, qui permet de soulever de réelles questions, autour de cet univers finalement peu connu, celui de l’importance des clips dans le rap.

Un moyen créatif d’illustrer sa musique

Plus on avance, plus l’on est dans une recherche de l’esthétisme et de la bonne idée. Les clips sont de plus en plus importants de nos jours.

Johann Dorlipo

Ces mots sont ceux de Johann Dorlipo, l’une des figures de ce nouveau mouvement de jeunes réalisateurs de clips de rap. Voilà qui fait tout droit écho aux dires de Gab Morrison, ce spécialiste de rap qui possède notamment plus de 100 000 abonnés sur sa chaîne YouTube. Selon ce dernier, «un super clip peut rattraper une musique, qui elle, ne l’est pas du tout ».

Ainsi, il existerait un moyen de pouvoir sublimer sa propre musique, en faisant tout simplement appel à des réalisateurs et autres acteurs dans le monde de l’image. Il est vrai qu’à l’heure actuelle, de nombreux rappeurs se font un nom, de par leurs visuels, mais aussi de par leur univers si particuliers. Laylow, originaire de Toulouse, fait partie des tout derniers exemples en date. Grâce à son dernier album « Trinity », sorti fin février 2020 – qui aura par ailleurs connu un succès important en France – Laylow aura réussi à développer un univers désormais reconnu dans le monde du rap, surtout grâce à des clips plus travaillés que jamais. Par ailleurs, il est primordial pour certains réalisateurs, d’avoir une alchimie commune avec les artistes avec qui ils collaborent, afin d’obtenir les meilleurs rendus possibles. Johann Dorlipo par exemple, travaille depuis bientôt 10 ans avec le rappeur Disiz la Peste. Ils se comprennent, et savent vers où ils veulent aller en termes de direction artistique. Il est donc possible, en 2021, de reconnaître la patte d’un réalisateur, lorsque l’on visionne un clip de rap qui pourrait paraître banal au premier abord.

« Autre espèce » de Disiz La Peste, clip réalisé par Johann Dorlipo

Une préparation minutieuse

Mais alors, comment les réalise-t-on ces fameux clips ? Combien cela prend-il de temps ? Combien de personnes sont-elles mobilisées et aussi, quel budget faut-il compter pour en faire ? Voici tant de questions auxquelles il est intéressant de répondre, avec l’aide de plusieurs acteurs, issus de ce si singulier monde des clips dans le rap. Pour Benoît Marzouvanlian, réalisateur indépendant qui a notamment collaboré avec Dinos, 13 Block ou encore Ash Kidd, «on peut très bien travailler à 50, comme on peut être tout seul. Tout dépend du budget du label et en général, plus un artiste est lourd, plus ils voudront mettre d’argent et plus il y aura de personnes mobilisées».

« Ciel pleure » de Dinos et Laylow, clip réalisé par Benoît Marzouvanlian

Cela semble être tout-à-fait logique. Un rappeur ayant déjà fait ses preuves et étant déjà reconnu, aura plus de facilité à réaliser des clips extrêmement poussés (donc chers) qu’un rappeur cherchant à faire son nid. Heureusement, il ne suffit pas d’avoir un gros budget pour réaliser d’excellents clips, ni d’être vraiment nombreux. Car oui, beaucoup de réalisateurs sont indépendants et travaillent seuls, avec évidemment les labels des rappeurs en question. Parlons à présent du temps que cela peut prendre, avant d’arriver à un clip final de qualité. «Globalement, cela me prend en moyenne un bon mois» confie Benoît Marzouvanlian. «Environ une semaine d’écriture, des allers-retours pour rencontrer les boîtes de productions, des journées où on va juste balancer des idées et puis, une bonne semaine de montage». En clair, réaliser un clip de rap nécessite beaucoup de recherches, de réflexions, et surtout, d’attentions.

Une concurrence de plus en plus forte

Si la façon de rapper n’a pas réellement évoluée, sa retranscription elle, l’a fait. De nos jours, les clips sont de mieux en mieux travaillés, et le travail fait par les différents acteurs qui sont derrière les clips est enfin souligné. C’est donc une compétition qui s’est installée depuis plusieurs années maintenant, avec une seule et même envie commune : celle d’être toujours plus créatif. Gab Morrison le confirme : «les clips de rap sont de plus en plus inventifs, je me demande bien dans deux ans ce qu’ils inventeront de nouveaux».

Plus les années passent, plus les clips sont gros, et plus il y a de projets qui sortent. Donc on essaie toujours de faire mieux que le précédant.

Benoît Marzouvanlian

Benoît résume ici parfaitement la situation. L’importance des clips pour un rappeur étant désormais totalement démocratisée, la prochaine étape est celle d’acquérir une créativité qui arriverait à surprendre le public et surtout, de se démarquer des autres.

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