Le bénévolat, clé de voûte du football amateur

par

Sébastien Clémençon, éducateur dévoué lors d’un tournoi de jeune à Labarthe-Rivière (31)

 

Ils sont essentiels à la pratique sportive. Chaque weekend, 400 000 bénévoles s’investissent et permettent au football d’exister. Ils sont à tous les niveaux d’organisation d’un club, qu’ils soient arbitres, éducateurs, dirigeants ou intendants. Pourtant, face au manque de reconnaissance ainsi qu’aux contraintes administratives et logistiques, beaucoup d’entre eux baissent les bras. Une véritable menace pour ces structures locales, dont la survie est basée sur l’altruisme et la solidarité de quelques membres passionnés.

« Les bénévoles, véritables animateurs de nos associations sportives, sont aujourd’hui plus que jamais essentiels à l’organisation et à l’animation du football français. » Ce sont les mots de Noël Le Graët, président de la FFF dans un édito pour l’association “So Bénévole”. Loin de la puissance des clubs professionnels, les clubs amateurs survivent uniquement grâce à l’engagement de leurs membres, le football ne se limite pas aux 90 minutes de match. Les tâches sont nombreuses, allant de l’entraînement, de la formation des jeunes, à la préparation des repas, le nettoyage des vestiaires, et la recherche de sponsor.

« Les clubs amateurs ont besoin du bénévolat pour exister, se développer et s’enrichir de l’expérience de chacun » explique Célia Costamagna, présidente du Labarthe FC. Les fonctions sont nombreuses et pourtant l’on observe chaque année une baisse des effectifs de bénévoles sur l’ensemble du territoire. C’est souvent les mêmes personnes qui s’occupent des tâches pénibles. Beaucoup de joueurs esquivent ces corvées, qui pourtant les concernent directement. Cela entraîne un “ras le bol” chez certains bénévoles. Cette menace plane sur le futur de certains clubs, véritables lieux de vie et de partage.

Un manque reconnaissance envers les bénévoles

Depuis plusieurs années, les clubs peinent à motiver des personnes tout au long de la saison. Les bénévoles n’ont d’autre choix que de multiplier les fonctions pour la survie de leur équipe. C’est le cas de Bastien Zaina, éducateur U7 au club de Lavaville, mais également joueur senior et membre du bureau. « C’est le manque de dirigeants chez nous qui m’a poussé à devenir éducateur, je suis très satisfait de cette expérience même si je consacre énormément de mon temps libre au football » explique-t-il. Pour autant, réitérer l’expérience l’an prochain n’est pas encore une certitude pour lui, « Pour continuer l’année prochaine, il faut que les entraînements aient lieux le samedi matin à cause de mon travail. »

Outre les problèmes de planning, vient aussi le manque de reconnaissance qui pousse certains à baisser les bras. C’est ce que rapporte Alain Sentignan, dirigeant à l’ES Franquevielloise : « Je trouve qu’il y a un réel manque de reconnaissance, notamment depuis quelques années, beaucoup oublient vite l’importance de notre travail ». Il ne faut pas négliger que c’est sur leur temps libre que ces passionnés se consacre à la vie de ces clubs alors que rien ne les y oblige : « Nous ne faisons pas ça pour la reconnaissance, mais le comportement de certains peut nous dissuader de continuer » ajoute-t-il. Célia Costamagna fait le même constat : « Le bénévolat n’est pas reconnu à sa juste valeur, y compris par les instances directrices. » Inverser la tendance serait bénéfique à tous ceux qui, chaque week-end, font vivre le sport.

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