L’avènement de la seconde main.

Depuis 2012, la seconde main connait une croissance annuelle de 12%

À l’image des friperies, incontournable lieu de rendez-vous des amateurs de vintage, la seconde main n’a plus son nom à faire dans l’hexagone. Cependant, cela ne l’empêche pas de redorer son blason et de s’inscrire, aujourd’hui, comme premier marché du secteur du prêt à porter.

On peut dire que le confinement fut bénéfique pour la seconde main. Le site américain spécialisé, ThredUp, publie en juillet 2020 son rapport annuel de vente. Le constat y est frappant : les friperies en ligne devraient connaître une croissance de 69% entre 2019 et 2021. De même, la « revente » est promise d’accroître de 414% dans les 5 prochaines années, tandis que la « vente » devrait évoluer à la baisse. 

Aux yeux des consommateurs, la pièce qui possède un vécu et une histoire apparaît plus authentique que la pièce industrielle achetée en magasin, et ça : les marques l’ont bien compris. 

Vers une professionnalisation du marché. 

Que ce soit par l’investissement, à la manière d’H&M en 2017 ; qui avait investi 2 millions d’euros dans le site de revente Sellpy, avant de renforcer en 2019 et d’acquérir 70% du capital de l’entreprise suédoise. Ou bien en adaptant directement ses services, les marques prennent petit-à-petit le pas. 

D’abord le secteur de la fast fashion, comme chez Camaïeu et Promod. La première, après avoir constaté en 2008 que 800 000 de ses pièces étaient revendues sur Vinted, avait fait le choix de lancer son propre site de vide dressing. La deuxième quant à elle a choisi de mettre en place un hub de revente directement au sein de ses magasins. Le principe est simple : le client ramène son vêtement en magasin, avec ou sans commission, en l’échange d’un bon d’achat. Selon le président Julien Pollet « ce (système) sera forcément rentable car les clientes pourront vivre une expérience globale avec la marque : acheter les produits chez nous, mais aussi les revendre, continuer à se faire plaisir. C’est forcément une équation gagnant-gagnant ».

Le luxe s’y intéresse aussi, avec notamment Burberry et Gucci ; ce dernier s’étant associé en octobre 2020 avec la plateforme américaine de revente The Real real. L’initiative était en accord avec la vision de l’actuel directeur artistique, Alessandro Michele, grand adepte des démarches écoresponsables depuis son arrivée en 2015. Les marques redorent donc leur blason grâce à l’occasion, mais elles sont loin d’être les seules. 

Nouvel outil d’influence. 

Le monde des influenceur/euses profite également du bond de l’occasion. De nombreux comptes instagram de modeuses spécialisées font leur apparition, comme celui de Myrtille Bourdeau’hui (@histoireseconde). La française de 35 ans s’est tournée vers la seconde main après des années de fast fashion. Avec ses 9 027 abonnés Instagram et ses milliers d’auditeurs pour son podcast « Seconde », Myrtille compte bien aider à démocratiser la mode circulaire. 

Pour elle et comme pour des milliers d’autres modeuses, c’est une réussite. Le nombre d’abonnés s’affole, les commentaires affluent sous chaque post : une chose est sûre, la demande est bien présente.

Ninon Giraud

Compétences

Posté le

9 avril 2021

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