La survie économique des cinémas indépendants

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S’adapter à la modernité, tel est le défi qu’aujourd’hui, bon nombre d’institutions tentent de relever. Les cinémas indépendants ne dérogent pas à la règle. Positionnés en proie de leur temps, ces défenseurs du 7e art s’efforcent d’exister dans un milieu urbain embrasé par la concurrence.

C’est au détour des quartiers de la ville rose que l’on peut apercevoir les fameux « cinémas de rues » comme certains aiment les appeler. Semblant tout droit sortis du siècle dernier, ces véritables théâtres numériques font resplendir leurs âmes en se parant des plus beaux atours que possède le cinéma. Or le charme ne suffit pas de nos jours. En effet, le véritable enjeu est à l’heure actuelle la question économique. À première vus, il semble difficile de rivaliser avec les grandes enseignes, cependant, et jusqu’à preuve du contraire, les cinémas indépendants sont toujours bien présents en 2020. En effet, des enseignes tels que « L’American Cosmograph » ou encore « ABC Cinéma » font office de résistance à Toulouse.

À ce sujet, Marc, directeur du cinéma ABC Toulouse, confie que leurs revenus viennent à 85% de la vente de tickets et à 15% du soutien du CNC (Centre National du Cinéma et de l’image animée). Il en va de même chez l’American Cosmograph qui avance les mêmes chiffres. Les deux dirigeants s’accordent à dire que l’aide du CNC leur est précieuse et que sans elle, la situation serait bien plus compliquée. Ce soutien du CNC vient du fait qu’à Toulouse, les cinémas indépendants (pour une majorité), possèdent la classification « Arts et effets », leur permettant d’accéder à des subventions parfois conséquentes.

L’art et le profit

Lorsque l’on se rend sur le site de l’American Cosmograph on peut y voir écrit ceci :«Nous ne diffusons pas de publicité, l’heure indiquée est celle du début de film • Soyez à l’heure : une fois le film commencé, nous ne vous laissons plus entrer en salle.» Cette phrase traduit la concurrence régnant entre les cinémas de quartier et les enseignes conséquentes telles que le Gaumont à Toulouse. Côté ABC, Marc souligne le fait que la concurrence « se tient bien, pour l’instant », il ajoute cependant avec regret que le ticket des cinémas tel que le sien ne pourra jamais baisser, « ce serait courir à notre perte » affirme-t-il. Il conclut en soupirant que le prix risque même de monter à l’avenir.

Chez l’American Cosmograph, la question de l’avenir jette aussi un froid. Le dirigeant s’avoue « craintif » pour le futur, « ajoutez à notre petite taille la pression foncière qui plane dans le centre-ville toulousain et vous comprendrez les difficultés que nous éprouvons » précise-t-il. Dans cette enseigne, la place est 7 euros soit presque pareil que le Gaumont mais sans publicités. Selon ses dires, le but du Gaumont est de prendre de la place et d’écraser la concurrence. Finalement, les deux enseignes indépendantes sont catégoriques sur un sujet : il faut privilégier les films « fragiles » et rester amoureux du cinéma, voir cela comme de l’art et non comme du commerce.

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