Les détails de la fuite de Carlos Ghosn, le dimanche 29 décembre, s’éclaircissent peu à peu. L’ancien PDG du groupe Renault-Nissan s’est enfui du Japon où il était assigné à résidence et sous le coup de quatre inculpations, dans le plus grand secret, en dupant les services de surveillance japonais. Mais alors, comment a-t-il fait ?

Alors qu’il tiendra une conférence de presse à Beyrouth ce mercredi 8 janvier 2020, les détails de la fuite de Carlos Ghosn deviennent de plus en plus précis. Tout a débuté le 29 décembre dernier, alors que l’ancien PDG de Renault-Nissan était assigné à résidence à Tokyo, dans une villa dont l’entrée était surveillée en permanence par des caméras. Il aurait quitté sa résidence à pieds avant de rejoindre un hôtel où deux personnes – certainement membres d’une société de sécurité privée qui aurait organisé la fuite – l’attendaient.

Depuis cet hôtel, et muni de son deuxième passeport français – pourtant gardé sous clé -, il s’est rendu à Osaka en train, accompagné de personnes encore inconnues à l’heure actuelle. Une fois à Osaka, Ghosn et son équipe ont orchestré une fuite digne des plus grands films hollywoodiens. Placé dans un caisson sur-dimensionné servant à transporter du matériel musical (et qui n’a donc pas été passé au scanner), le magnat déchu de l’automobile a embarqué à bord d’un jet privé appartenant à la compagnie turque MNG Jet à destination d’Istanbul.

Bons baisers de Turquie 

Carlos Ghosn est arrivé en Turquie à l’aéroport Attatürk, fermé aux vols commerciaux mais encore utilisé pour des vols privés. Ghosn serait entré sur le territoire turc justement grâce à son deuxième passeport français avant de prendre un second vol vers Beyrouth quelques heures plus tard, dans la nuit du 29 au 30 décembre. Les autorités turques ont arrêté sept personnes, dont quatre pilotes et deux personnels au sol, soupçonnées d’avoir aidé le fuyard. La compagnie MNG Jet a quant à elle dénoncé l’utilisation « illégale » de ses avions.

Aidé de deux « barbouzes » américains, Michael Taylor et George Zayek, dont le nom est inscrit sur les registres du vol Osaka-Istanbul emprunté par Carlos Ghosn, ce dernier a atterri au Liban – dont il possède la nationalité – de manière légale en présentant sa carte d’identité libanaise. Au Liban, Ghosn ne risque presque plus rien, puisque la petite république du Proche-Orient n’a pas d’accords d’extradition avec le Japon et que la « notice rouge » d’Interpol reçue par les autorités libanaises n’est en rien contraignante.

Une histoire bientôt adaptée au cinéma ?

Adulé au Liban, Carlos Ghosn peut désormais dormir sur ses deux oreilles avant de livrer après-demain sa première conférence de presse officielle. Alors que les systèmes judiciaires turcs et japonais sont à pied d’oeuvre pour trouver d’éventuels complices, la justice libanaise ne semble quant à elle pas faire grand cas de cette fuite au scénario hollywoodien. D’ailleurs, Netflix serait intéressé pour adapter cette histoire et aurait déjà acheté l’exclusivité à Carlos Ghosn. Même en cavale, business is business.