Accusé de fraude et de malversations financières au Japon, l’ancien patron de Renault-Nissan a fui l’archipel le 29 décembre dans des conditions rocambolesques. Assigné à résidence depuis le début de son procès, Ghosn est parvenu à rejoindre le Liban avec l’aide de deux américains. Précisions d’une fuite hors-norme.

La dernière image de Carlos Ghosn date du 29 décembre. On y reconnaît un homme pressé, chapeau sur la tête, qui semble partir pour une simple promenade. C’est à l’aéroport d’Osaka que ce dernier se rend, pour embarquer à bord d’un jet privé qui l’emmène jusqu’à Istanbul. Surveillé en permanence par une entreprise privée dépêchée par le groupe Nissan, Ghosn rivalise d’inventivité afin de fuir son domicile : il se cache dans une malle, habituellement utilisée pour ranger des instruments de musique. Percé de deux trous (sûrement pour permettre à l’homme d’affaires de respirer), ce simple caisson à roulettes va permettre à Ghosn de passer au nez et à la barbe des systèmes de sécurité de l’aéroport. En effet, une fois à Osaka, l’ancien patron rejoint un terminal réservé à l’aviation d’affaires. Dans cette zone particulière, les contrôles sont moins rigoureux, et la vérification des bagages n’est pas faite comme dans un terminal « classique ». C’est quelques minutes plus tard que la caisse est donc chargée à bord du jet privé. Carlos Ghosn quitte alors illégalement le Japon. C’est le début d’un long voyage jusqu’en Turquie, afin de rejoindre Beyrouth.

Deux « barbouzes » américains impliqués

Selon le Wall Street Journal, un ancien des forces spéciales américaines reconverti dans le privé, Michael Taylor, se trouve dans l’avion. A ses côtés, un expert en sécurité internationale, George Antoine Zayek, vient épauler l’évasion de l’ex-président. Le groupe parvient à atterrir à Istanbul, où le jet dans lequel ils se trouvent est transporté dans un hangar. De là, Ghosn va être transféré dans un second avion, ce dernier décollant à destination de Beyrouth, la capitale libanaise. Il est ainsi légalement admis sur le sol libanais grâce à un passeport français et une carte d’identité libanaise.