Fermeture des urgences de l’hôpital de Guise – Aisne / Crédit CHF

La désertification médicale est un enjeu majeur. Un vaste couloir désertique parcourt la France depuis le Pays Basque jusqu’à la Lorraine en passant par le centre. À ce problème s’ajoute une pénurie de médecins qui doit s’accentuer avec les nouveaux départs à la retraite.

Manque de médecin, les urgences de l’hôpital de Guise sont fermées depuis le 2 décembre. 
L’Aisne est un département fortement touché par la désertification médical. Le maire de Guise Hugues Cochet a reçu le 26 novembre dernier un courrier de l’Agence Régionale de la Santé. L’ARS lui a signalé que les urgences seraient fermées tout le mois de décembre, faute de médecin. « J’ai dit que c’était inacceptable, avec 3 500 passages par jours et 400 avec le SMUR de nuit » explique le Maire. 
Si la question de l’accès aux soins n’est pas une problématique récente, la désertification médicale prend une dimension nouvelle à la veille de nombreux départs à la retraite chez les médecins généralistes. Jean-François Debat, président délégué de l’association Villes de France, a rappelé que 40 % des médecins généralistes cesseront d’exercer dans les prochaines années.

Les nouvelles technologies au secours des médecins

La télémédecine est une technologique qui permet de mettre en contact un patient et un professionnel de santé à distance. Plusieurs techniques, inscrites dans les décrets d’application de la loi HPST permettraient de désenclaver des régions. Avec la télémédecine, il est possible d’effectuer une téléconsultation. Elle a pour objectif de permettre à un médecin d’effectuer la consultation à distance d’un patient. On pourra également réaliser un véritable acte médical assisté à distance comme par exemple une échographie. Elle sera effectuée auprès de la patiente avec l’aide d’un professionnel non médecin grâce à la téléassistance.
La télémédecine est une véritable révolution dans le domaine médical. C’est ce qu’affirme le Dr Jacques Lucas, vice-président et délégué général au numérique du Conseil national de l’Ordre des médecins. « Mais la télémédecine ne peut résoudre à elle-seule le problème s’il manque des médecins », nuance-t-il.

Inciter les médecins à s’installer en zones rurales  

Avec sa suppression prévue à la rentrée universitaire 2020, le numerus clausus atteint un record. 9 314 étudiants pourront accéder à la deuxième année de médecine en septembre prochain dans l’une des 39 facultés contre 8 205 en 2018, soit une augmentation de 13,5 %. Malgré sa suppression, il faudra attendre une dizaine d’années pour voir les effectifs augmenter.
Aujourd’hui, un jeune médecin a la liberté de son installation. Les zones rurales incitent peu. Les raisons invoquées : une qualité de vie moindre et des distances importantes. Guillaume Garot est député de la Mayenne et prône une régulation pour l’installation des médecins. « Installez-vous là où on a besoin de vous », en mettant en place des dispositifs incitatifs. » Ils peuvent se résumer par une offre de transport adaptée, un dispositif d’accueil pour le médecin, mais aussi pour sa famille. En attendant, ce sont les habitants peu mobiles comme les personnes âgées habitants dans les campagnes qui aimeraient voir leur médecin un peu plus facilement.

 Vincent Pellegrino