Crée en 2018 à Londres, et s’étend aujourd’hui au monde entier, Extinction Rebellion est une organisation qui s’inscrit dans un mouvement social écologiste. Leur but est d’inciter les citoyens du monde à agir face au réchauffement climatique. Cependant leur méthode ne plait pas à tout le monde. Depuis avril 2019 le groupe organise des manifestations à Toulouse.

“Rebels” d’Extinction Rebellion manifestants à Paris le 7 octobre         © Bastian Greshake Tzovaras

Une organisation qui mobilise les citoyens

Extinction Rebellion organise des grèves du climat, des groupes de discussion et surtout des évènements ponctuels. Le 1er décembre le groupe a manifesté au muséum de Toulouse, le but de l’action était d’alerter sur la disparition massive des espèces animales et végétales. Ils ont alors décidé d’érigeaient une « tombe » toutes les 17 minutes dans le hall du musée.  

Rebecca rebelle depuis septembre, c’est ainsi que s’appelle les membres de l’organisation, décrit ce mouvement comme un mouvement florissant : « C’est incroyable chaque semaine nous accueillons de plus en plus de personnes, la semaine dernière ils étaient une vingtaine ! Je pense que cela traduit bien d’une prise de conscience générale et c’est important. » En effet, en à peine quelques mois la particule Toulousaine du groupe a recueilli plus de 3 000 membres sur Facebook.

Pas de hiérarchie, des personnalités diverses, des ainés et des jeunes, l’égalité des luttes et surtout un moyen d’entrée en politique, c’est ainsi que Rebecca définit Extinction Rebellion. Un groupe dans lequel tout le monde peut prendre la parole et sera écouté des autres. Lorsque les rebelles se réunissent en assemblée pour décider de leurs futures actions « on arrive toujours à se mettre d’accord même si bien sûr certains prennent plus de places que d’autres », affirme Rebecca.

Une organisation qui crée débat

Cette désobéissance civile qui se traduit par des manifestations pacifiques mais au ton violent ne plait pas à tous. Pour le directeur de recherche au Cevipof, le centre de recherches politiques de Sciences Po, leur refus assumé d’entrer dans des négociations avec le gouvernement est un moyen efficace de faire entendre leur voix mais « cette posture d’extraterritorialité conduit aussi le mouvement à l’absence de résultats concrets, et donc à l’impuissance. »

Certains hommes et femmes politiques dénoncent une « instrumentalisation de l’écologie » par ces organisations. Ségolène Royale, ex ministre de l’environnement, a dit autour des micros de France Inter que ces mouvements « violents » dégradent l’image de l’écologie et « disqualifies toutes actions environnementales ».

Des propos qui vont pourtant à l’encontre des valeurs d’Extinction Rebellion et surtout à l’encontre des témoignages des rebels. Lorsque Rebecca raconte sa première manifestation à Paris, lors de laquelle des manifestants pacifistes qui bloquaient les axes menant à l’Assemblée Nationale ont été violemment arrêté par la police, et même si elle a été prévenue en amont des « violences policières » elle se souvient surtout avoir été choqué de la violence de leurs gestes « Ils nous trainaient et nous arrachaient les uns des autres sans pitié. ».

Enora Le Louarn