Depuis 2017, la start-up toulousaine Water Horizon développe un système de récupération, de stockage et de transport de la chaleur fatale. En partenariat avec Dalkia, la start-up a validé les premiers essais. Le module final devrait être commercialisé en 2022.

Usine de papier à St Gaudens (Haute-Garonne), industrie libérant beaucoup de chaleur fatale.

Chaque année, la production industrielle française laisse s’échapper dans l’air une quantité de chaleur très importante, ce que l’on appelle la chaleur fatale. Cette chaleur si elle est réutilisée pourrait produire autant d’énergie que six réacteurs nucléaires d’après les estimations de l’ADEME (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie). Cela représente un potentiel très intéressant à exploiter. D’autant plus que la France tend à favoriser les énergies renouvelables depuis plusieurs années. C’est en 2017 que Jean-Emmanuel Faure fonde la start-up Water Horizon, basée à Toulouse. En partenariat avec Dalkia, filiale d’EDF spécialisée dans les énergies, Water horizon développe une batterie capable de récupérer cette chaleur perdue et par une réaction chimique de séparer ses divers composants, ce qui permet de les stocker. Jean-Emmanuel Faure explique que si les composants ne sont plus en contact, alors il n’y a plus de réaction et par conséquent plus de chaleur. Le système permet donc de séparer les éléments et de les conserver. C’est là que réside la grande innovation de ce procédé puisque comme l’indique l’entrepreneur toulousain, « la chaleur peut ainsi rester stockée indéfiniment ». Le stockage sur le long terme permet une bien meilleure valorisation de cette chaleur, notamment car il devient désormais possible de la transporter. Il suffit de mettre à nouveaux les éléments chimiques en contact pour recréer cette chaleur.

Un projet bien ancré en Occitanie

En 2019, Water Horizon présente son projet de batterie au concours Occitanie Innov. La start-up toulousaine obtient le prix de « l’énergie positive ». « Cette récompense permet d’ancrer le projet dans la Région Occitanie » d’après son fondateur. De plus, la Région Occitanie aspire à devenir la première région à énergie positive d’ici 2050. Le projet est actuellement bien avancé puisque Jean-Emmanuel Faure annonce que « le prototype est aujourd’hui opérationnel, il sera testé début 2020 dans les laboratoires d’EDF ». L’objectif est désormais de perfectionner cette technologie. « Le pilote du projet doit être 100 fois plus puissant que le prototype » selon Jean-Emmanuel Faure. Pour parvenir à ce modèle plus puissant, une levée de fonds doit être mise en place. L’objectif est de récolter un million d’euros. L’entrepreneur toulousain précise « qu’elle doit être finalisée au premier trimestre 2020 ». Si cette somme est atteinte et qu’ensuite les essais du pilote sont positifs, Water Horizon devrait pouvoir développer son marché afin de commercialiser la batterie. Son partenaire Dalkia est un soutient de taille puisque la filiale d’EDF favorise les énergies de récupération. Par exemple, plus de 50% de sa distribution d’énergie viens de la récupération de chaleur. C’est le cas notamment d’un quartier à Charleville-Mézières (08) qui est entièrement chauffé grâce à la récupération de la chaleur d’une fonderie. Jean-Emmanuel Faure annonce que « les premiers modules seront livrés en 2022 ». Si ce système est plus cher que les systèmes de récupération existant, il offre une bien meilleure valorisation de l’énergie.

Bastien Loubet