Pour arrêter de fumer, les patchs, les pastilles ou la volonté seule ne suffisent pas toujours. Depuis une dizaine d’année, une nouvelle méthode contribue à la lutte contre le tabagisme. L’hypnose thérapeutique séduit de plus en plus les Français pour combattre leurs addictions.

« Fumer tue », slogan de la lutte contre le tabagisme en France

En 2018, 16 millions de Français fument régulièrement, soit 32% des 15-85 ans d’après Tabac-Info-Service. 56% des fumeurs réguliers déclarent leur envie d’arrêter de fumer. L’agence nationale de la lutte contre le tabagisme estime que 500 000 personnes arrêtent de fumer chaque année. S’il existe plusieurs techniques pour stopper le tabagisme, l’hypnose thérapeutique connait de plus en plus d’adeptes depuis une dizaine d’année. Attention, l’hypnose thérapeutique n’est pas considérée comme de la médecine. Par conséquent, elle n’est pas remboursée par la sécurité sociale française comme l’indique l’Institut Française d’Hypnose (IFH). Cependant les résultats démontrent que l’hypnose a de très bons résultats contre le tabagisme. D’après une étude américaine réalisée en 2007, 50% de patient ayant recourt à l’hypnose sont toujours abstinent six mois plus tard, contre seulement 25% des patients ayant recourt à des substituts de tabac. Il est quand même important d’indiquer que l’hypnose n’est pas un remède miracle, elle demande une réelle volonté du patient dans sa démarche. Une position active du patient dans le traitement est souvent nécessaire. Enfin il faut que le patient soit réceptif. Si cette méthode n’est pas remboursée, elle ne reste que peut onéreuse puisqu’il ne faut rarement pas plus de quatre séances. Si une séance coûte en moyenne 80€, ce n’est rien à côté des 3000€ que dépensent les fumeurs français en moyenne par an pour acheter des cigarettes.

Le déroulement d’une séance

Les différents hypnothérapeutes n’utilisent pas tous les mêmes procédés. Certains favorisent un entretien téléphonique et l’envoie d’une fiche de renseignement du patient en amont du rendez-vous. D’autres, comme Alexandra Del Pozo, hypnothérapeute à Toulouse, favorisent un rendez-vous plus long (1h30-2h). Pour elle, l’entretient commence par « une discussion avec le patient, soit pour définir les objectifs lors de la première visite, soit pour constater les évolutions entre deux séances ». Lors d’une séance chez un hypnotiseur, la conversation au début est primordiale puisqu’elle permet de définir les objectifs mais aussi les difficultés. Cet entretien permet également à acclimater le client à l’hypnose, il n’est pas facile de laisser entrer un inconnu dans son inconscient. Suite à la conversation, l’hypnothérapeute invite le client à « une phase de relaxation ». Cela permet de créer un lien entre le conscient et l’inconscient. Ce procédé permet d’imposer un souhait dans nos actions de tous les jours. La séance ressemble à un rendez-vous chez un psychologue, installé confortablement tout en discutant avec une personne à l’écoute. « C’est dans un climat de confiance et de douceur qu’Alexandra m’a reçue. Son empathie est au-delà de ce que son métier lui demande » confie Sylvie, venue pour arrêter de fumer. A la fin, le client et l’hypnothérapeute débriefent la séance et mettent en place un suivit. Si Alexandra favorise la relaxation, les méthodes varient. Par exemple, Alex, salarié de 35 ans, raconte son rendez-vous avec un hypnotiseur de Toulouse. Ce dernier invite ses patients à fumer une cigarette pendant qu’il énumère les produits nocifs dans le but de les en écœurer. « Ça m’a dégouté, je n’ai pas fumé une seule cigarette depuis » raconte Alex. 80% de ses clients sont toujours abstinent six mois après, 70% un an plus tard. Si l’hypnose n’est pas un remède miracle, elle possède des résultats supérieurs à la moyenne des autres procédés. A voir si elle sera remboursée un jour lorsqu’elle concerne la santé.

Bastien Loubet