Les compagnons du Tour de France, Plaisance du Touch / crédit : V.Pellegrino

Les compagnons du Tour de France ont pour mission de transmettre un savoir être, des connaissances et différentes techniques pour se former à un métier manuel. Aujourd’hui de nombreuses entreprises peinent à trouver des menuisiers, plombiers ou encore charpentiers. Pour répondre à la demande du marché de l’emploi, la revalorisation de ces métiers est alors essentielle.

« C’est un manuel», «c’est un intellectuel», ce verdict scolaire apparaît dès les années collège, et influence les activités d’un individu pour les années à venir. Michel Andrieu, directeur du centre des Compagnons du Tour de France à Plaisance du Touch défend « les métiers du geste et de la matière ». Dans le milieu de la construction de nombreux emplois sont à pourvoir mais ce secteur d’activité a du mal à être attractif et cela pour deux raisons principales. D’après directeur, « l’éducation nationale a du mal à orienter les jeunes vers les filières professionnelles ». Toutes les demandes de candidature quelqu’en soit la filière sont acceptées chez les Compagnons.  Les formations en alternance sont indispensables dans le milieu de la construction, il n’y a eu aucune valorisation de ce mode d’apprentissage par le gouvernement alors que 100% des formés trouvent un travail à la sortie des études. Le directeur du centre de formation admet que le problème est aussi interne aux compagnons. « Dans le bâtiment nous n’avons pas toujours su valoriser nos propres métiers à cause de l’image que nous renvoyons, ce sont des métiers qui ne se vendent pas par eux-même ». Un grand effort de communication et de sensibilisation est alors nécessaire. L’attractivité sur les jeunes est très complexe. Une formation complète dure entre cinq et dix ans pour apprendre un métier. Le choix leur est alors difficile à la sortie de la troisième.

Plus qu’un savoir faire : un savoir être 

En novembre 2010, le Compagnonnage a été inscrit au Patrimoine Culturel Immatériel de l’UNESCO en tant que « réseau de transmission des savoirs et des identités par le métier ». La communauté à laquelle appartient les compagnons regroupe des femmes et des hommes qui vont permettre à un apprenti de s’épanouir professionnellement, culturellement et humainement. Les valeurs des compagnons sont ainsi représentées : le respect, l’excellence, la transmission et la solidarité. Violette originaire de Bretagne est en train de terminer sa deuxième années d’apprentissage en tant que serrurier – métallier. Son projet est de travailler pour les théâtres et cinémas afin de devenir décoratrice et constructrice de décors. « C’est à nous de choisir la discipline que l’on s’impose et pour moi c’est ça la liberté ». Un diplôme de base en poche, le jeune part faire son tour de France. Quatre à six ans sont nécessaires, avant d’être reçu « compagnon ». Le jeune itinérant va d’étape en étape sur le réseau des sièges de la Fédération compagnonnique, au rythme d’une à deux villes par an, en tant que salarié. Leur mission est de developper ses ambitions.

Vincent Pellegrino