Les Tontons Laveurs, une association Toulousaine attentive à l’écologie et la santé. Trois amis se lancent sur le marché de la couche lavable avec ses avantages mais aussi ses inconvénients.

Couches lavables de l’association, photographie de Alexandre des Tontons Laveurs

Une couche jetable met entre 300 et 400 ans à se dégrader et plus d’une tonne de couche jetable est utilisé pour un enfant de la naissance à la propreté. Alexandre, Thomas et Sylvain respectivement trésorier, président et secrétaire de l’association ont décidé de créer un service qui s’occupe de la location, livraison et nettoyage de couche lavable pour des établissements d’accueil de jeunes enfants. Cette idée leur est venue suite à la naissance du premier enfant de Sylvain qui a voulu passer aux couches lavables, soucieux du bien-être de son enfant ainsi que de sa gestion des déchets. Avec la couche lavable, un enfant peut se contenter d’une vingtaine de couches jusqu’à ce qu’il soit propre.

En cette rentrée 2019, leur projet est de faire en sorte que les crèches ne jettent plus leurs couches mais qu’elles les réutilisent tant qu’elles sont valables. De plus les couches jetables contiennent des perturbateurs endocriniens, c’est-à-dire des substances capables d’interférer avec notre système hormonal, ainsi que des produits cancérigènes et des pesticides. « C’est prouvé qu’il y a pas mal de produits nocifs dans la couche jetable mais ce n’est pas encore prouvé que cela affecte réellement les enfants néanmoins nous préférons prévenir plutôt que guérir. » confie Alexandre des Tontons Laveurs.

Une couche aux bonnes intentions mais aux divers inconvénients

Leur fournisseur est une association nommée Mista qui confectionne des couches depuis plusieurs années. Les matériaux utilisés sont la microfibre pour la partie intérieure et la partie extérieure est en PUL, un tissue imperméable. Mais pour le confort optimal des enfants, les trois amis souhaitent essayer d’utiliser du coton bio ou du bambou pour remplacer partie intérieure. Or contrairement à la microfibre, ils sont moins résistants. Le coton utilise énormément d’eau à sa conception et, bien qu’il ait besoin de moins d’eau, le tissue de bambou à une forte propriété absorbante qui est désagréable pour les enfants. Il leur est donc difficile de savoir quoi utiliser pour avoir une couche durable et agréable.

Lorsqu’ils sont allés à la rencontre des crèches, les avis étaient intéressés mais si ces crèches n’ont pas pris part au test c’est qu’il y a plusieurs freins. Les couches lavables ne sont pas pratiques car il faut avoir assez de place pour pouvoir les stocker. De plus, les crèches sont dépendantes de leurs financeurs qui sont la CAF et les municipalités. Leur budget est trop serré. Les Tontons Laveurs travaillent avec une blanchisserie hospitalière et le coût de lavage d’une couche est de 28 centimes. A cela s’ajoute le prix de la location et de la confection de la couche. Ils modèlent encore leur système économique en cette phase de test et n’ont pas de chiffre précis mais les autres structures en France qui propose le même service sont à 50€ de location par mois.

La couche lavable sera peut-être la couche de demain car dans l’ère actuelle, l’écologie et la santé sont des sujets qui touchent de nombreuses personnes. Mais étant pour le moment un produit peut démocratiser, il reste difficile d’accès financièrement et les crèches ne sont pas préparées pour l’accueillir. C’est ce que les Tontons Laveurs espèrent faire changer.

Louane Jean