Crédit : Pepsi, élève chien guide en difficulté sur un passage piéton. 
Compte Instagram @pepsi_eleve_chien_guide


Pour que les chiens guides d’aveugles puissent correctement assister les malvoyants, ils doivent depuis leur plus jeunes âges suivre une formation sans faille. Cette aide est assez connue auprès des français mais la phase éducative auprès des familles d’accueil, l’est beaucoup moins.

UN RÉEL APPRENTISSAGE DE FOND

Depuis plus de 40 ans, un ensemble d’associations et de fédérations oeuvrent pour fournir aux personnes déficientes visuelles un chien qui puisse leur venir en aide au quotidien, afin que celui-ci leur soit moins compliqué. C’est la Fédération Française des Associations de Chiens guides d’aveugles (F.F.A.C), qui gère aujourd’hui 9 associations au total, étendues dans toute la France. 

La phase de la pré – éducation auprès des familles d’accueil, est pour le chien, le début d’un long processus d’apprentissage. Les chiens âgés de seulement 2 à 3 mois sont placés dans une famille bénévole jusqu’à leur 1 an et demi dans le but principal de la socialisation. Il faut que le chien s’habitue aux différents bruits, odeurs et cela commence en l’amenant dans les transports en communs ainsi que les magasins, mais aussi aux règles de base comme la propreté et l’obéissance. Le chien se doit d’appréhender au mieux les dangers que peut encourir son futur propriétaire notamment dans les différents déplacements, ce qui n’est pas toujours facile pour un jeune chiot.

UNE BELLE EXPÉRIENCE

Nous sommes donc partis à la rencontre de Magali Rafael, 37 ans qui fait parti des familles d’accueil ayant acceptée de partager son quotidien avec Pepsi, jeune labrador noir âgé alors de 3 mois. Elle en est à sa deuxième expérience en tant que famille d’accueil, sa motivation première: une envie de « se sentir utile ». Quant à Énora Le Mignon, désireuse d’avoir un chien mais n’ayant aucune expérience en la matière à, en plus de la « bonne action » voulu commencer comme famille bénévole pour appréhender au mieux une future venue définitive.

En effet, il ne faut pas perdre de vue que c’est un chien de travail, qui ne leur appartient pas et Magali nous explique bien que « le chien étant avec nous non-stop c’est quelque chose que l’on n’oublie jamais, n’importe quel trajet devient un travail ». Cependant, elle nous dit qu’il « (…) est très important d’aimer le chien comme si c’était le nôtre, même s’il est clair que l’on essaye de se protéger un maximum. » 

Énora, ancienne famille bénévole, a dû arrêter l’expérience avec Nela, labrador beige à cause de problèmes aux hanches, la chienne se retrouve alors inapte et décide de l’adopter. Elle nous fait part de sa difficulté à gérer la complicité avec sa chienne à ses débuts « J’en demandais beaucoup à ma chienne, je me mettais la pression alors qu’elle faisait un super boulot. Je me suis alors posée la question de ce qu’elle m’apportait et de ce moi je lui apportais … C’est à ce moment là que j’ai réalisé qu’il fallait que je lui en donne plus »

Les deux femmes mentionnent que les déplacements restent compliqués. « C’est une bataille quotidienne pour rentrer dans les magasins, nous confirme Magali, (…) il m’est arrivé plusieurs fois que l’on ne me laisse pas monter dans ma ligne de bus. Je trouve que les gens ne sont pas assez informés » Malgré tout, Énora et Magali sont unanimes: cette expérience leur a beaucoup appris et créée des liens sociaux quotidiens. « Les gens sont toujours curieux de voir un futur chien guide, ils nous posent souvent pleins de questions et s’intéressent beaucoup à ce que nous faisons » certifie Énora.

CAZAUX Justine