Jean Christophe Voise, plaisançois de 48 ans, est l’un des 6 105 greffés en France, en 2017. En 2002, une cardiomyopathie est détectée lui interdisant le sport. Désormais, avec cette greffe du cœur, le plaisançois glane de nombreuses médailles aux jeux nationaux et mondiaux des transplantés.

La rencontre avec cet homme permet de voir le parcours d’un transplanté. La rééducation demande du temps, est difficile. Après être passé par un coma, un semi-coma, l’immobilisation et une perte de vingt kilos, son premier objectif est de remarcher. Remuscler, reprendre du poids, séances de kiné : il faut réapprendre les gestes du quotidien petit à petit. Jean Christophe Voise sort de l’hôpital de Rangueil après quatre mois d’hospitalisation (Avril 2017). Désormais, son regard se dirige vers les championnats nationaux des transplantés et dyalisés organisés par Trans-Forme. Il s’est fixé cet objectif après avoir vu une affiche de cette organisation à l’hôpital. Dans sa tête, il a un an pour se préparer. A partir de là (mai 2017), le sport reprend : deux séances par semaine, puis cinq. Un an plus tard, le plaisançois est à ces championnats nationaux, « nos championnats à nous » dit-il, où il y va « un peu comme un touriste », car y participer est sa première victoire. « Les transplantés, c’est un peu comme une grande famille » et il se dit qu’il y retournera pour gagner. L’année d’après, il récolte 9 médailles et enchaine avec les championnats mondiaux. Il obtient le bronze, à Newcastle. Il s’engage aussi dans l’association pour mettre en place des structures afin que les jeunes transplantés sachent qu’ils peuvent faire du sport.

« On peut tous être donneurs, mais à la fois tous être receveurs »

Si Jean Christophe Voise fait ces jeux, c’est avant tout pour remercier les donneurs et promouvoir le don d’organes. Pour lui, c’est aussi aux transplantés d’en parler : « Il faut être donneur car cela sauve des vies », dit-il. Il ne faut pas oublier qu’à n’importe quel moment on peut se retrouver de l’autre côté et avoir besoin d’un don. De plus, Olivier Bastien (directeur du prélèvement chez l’Agence de la Biomédecine) rajoute que « 50 donneurs en moins, ça peut aboutir à 200 greffes de moins ». Enfin, avec le nouveau décret, tout le monde est donneur sauf si l’on s’inscrit sur le registre national des refus. Pour notre plaisançois, cette règle est bien mais floue dans la tête des français. Cela doit résulter d’un acte volontaire : « moi je suis donneur ou bien non je ne veux pas être donneur » dit-il. Il n’y a aujourd’hui pas suffisamment de donneurs par rapport au nombre en attente. Pour finir, les transplantés ne sont pas assez reconnus dans leur sport, avec un manque criant de sponsor dans les différentes compétitions car on n’en parle pas. « Il nous faut tout payer lorsque l’on veut participer aux jeux » dit Jean Christophe Voise. Il avoue même n’avoir jamais entendu parler de ces jeux avant son opération.

Le don d’organes, parlons-en !