Depuis quelques années, les spécialistes se penchent sur le sujet très sérieux de la consommation d’insectes et de ses bénéfices. Si, aujourd’hui, le secteur n’en est qu’à ses balbutiements, beaucoup d’entreprises se sont lancées dans l’aventure. Et il faut dire que les petites bêtes présentent à la fois des avantages sociaux, économiques, sanitaires, environnementaux et, croyez-le ou non, gustatifs.

C’est un fait déjà avéré, et qui va se confirmer dans les années à venir : la viande animale est coûteuse à produire, peu écologique et trop chère pour être accessible à tous les foyers. À cela s’ajoute la population mondiale toujours croissante, que l’ONU estime à environ 10 milliards d’habitants en 2050. Seulement, les surfaces agricoles sont surexploitées par l’élevage et la culture destinée en partie à le nourrir. Aujourd’hui, les insectes sont la seule solution viable et 100% naturelle pour nourrir la planète à bas coût tout en évitant les gaz à effet de serre et l’appauvrissement des sols.

« Sous forme séchée, les insectes sont constitués d’environ 60% de protéines », explique Magali STEFANI, nutritionniste en région toulousaine. Cet apport énergétique est trois fois moins élevé chez le boeuf ou le porc, qui vont en plus consommer davantage d’eau et de nourriture pour arriver à maturité. D’autres études très sérieuses montrent même que les animaux auraient une propension plus forte à véhiculer des maladies à l’homme, comme la vache folle ou la grippe aviaire. Cela s’explique par le fait qu’ils sont plus proches de nous dans l’arbre de l’évolution.

Encore faut-il changer les mentalités

Magali STEFANI est formelle : les insectes seront la nourriture de demain. « On va dans un monde de plus en plus végétarien, qui se tourne davantage vers tout ce qui est naturel. Alors pourquoi pas les insectes ? » Néanmoins, la nutritionniste relativise. Pour elle, la société n’est pas encore prête à passer le cap, du fait des nombreux moeurs ou coutumes qui ont alimenté la défiance des humains pour ces petites bêtes. Selon une étude du British Food Journal, seulement 26% des personnes interrogées sont prêtes à changer leurs habitudes alimentaires pour les insectes. « Il y a encore beaucoup de controverses sur les questions de consommation de viande. Passer aux insectes est encore un autre stade. »

Alors, pour justement passer ce stade, beaucoup de start-up françaises rivalisent d’inventivité. L’entreprise Micronutris, implantée en région toulousaine, joue sur cet aspect gourmand que peut avoir l’insecte. Elle décline le produit en apéritifs, en salades, en soupes, en biscuits, ou même en barres énergétiques. Pour garantir de sa qualité, l’insecte est élevé, transformé et développé au sein des locaux toulousains, qui utilisent dans leur production uniquement des aliments sains et des boîtes d’élevage biodégradables. Dans les prochaines années, Micronutris espère pouvoir changer les mentalités, et développer ce marché de l’insecte encore trop méconnu en France.

Éleveur d’insectes : le métier de demain