Dans le constat des dégâts du changement climatique, il y a les ressources en eau de la planète. Le Centre d’Information sur l’Eau alerte à ce sujet, expliquant que le phénomène serait susceptible « d’accroître des événements hydrologiques exceptionnels » tel que la sècheresse ou les pluies intenses. Le projet DISP’EAU a été imaginé en 2000 pour répondre à ce problème dans le domaine du vin.

Critère de production mais aussi de qualité, la gestion de l’eau est essentielle pour les viticulteurs. C’est pourquoi, la société ITK a développé un outil d’aide à la précision, soit un outil qui permet à un agriculteur de prendre une décision plus adaptée sur son exploitation. Celui-ci se nomme Vintel et édifie le projet DISP’EAU.

Le projet DISP’EAU : c’est quoi ?

Le projet DISP’EAU s’est appuyé sur des recherches de l’INRA (Institut National de la Recherche Agronomique). Celles-ci définissaient les niveaux de déficits hydriques optimaux pour obtenir du vin de meilleure qualité. « Il y avait certainement des choses à faire pour aider à mieux maîtriser l’irrigation » rapporte Philippe Stoop, Directeur Recherche et Innovation de la société ITK. Ainsi, le projet s’est lancé en partant de la création du logiciel Vintel.

Le système fonctionne en évaluant plusieurs critères du terrain comme la taille des racines de la vigne ou l’âge de la parcelle. Vintel lie ces données entre elles par des formules mathématiques qui permettent d’établir des modèles climatiques simulant l’état de la vigne. L’irrigation est alors adaptée au type de vin qui va être produit et au modèle climatique du moment. « On a fait des tests de dégustation sur les vignes avec une irrigation optimisée […] on obtenait les mêmes résultats avec notre modèle qu’avec les mesures compliquées réalisées par l’INRA » indique fièrement Philippe Stoop.

« On irrigue seulement quand la plante en a besoin » résume Charlène Janin, qui travaille chez un distributeur en agrofourniture proposant le logiciel Vintel. Son rôle est de développer des services axés vers les nouvelles technologies et la viticulture de précision.

Une demande de gestion d’eau importante

Selon Charlène Janin, le premier avantage de l’outil Vintel est son aspect environnemental : « pour certains clients, on a complètement changé leur système d’irrigation ». Philippe Stoop le confirme : « les quantités d’eau qu’on conseille pour maintenir un bon niveau de qualité représente environ la moitié de ce que les vignerons ont tendance à mettre habituellement ». Un élément positif d’un point de vue économique mais aussi pour l’image des vins produits.

En effet, il y a « un besoin des vignerons de prouver et de justifier que leurs pratiques sont raisonnées » d’après Charlène Janin. La pression de plus en plus forte du grand public au niveau de la préservation de l’environnement sensibilise les vignerons à changer leurs pratiques. Ainsi, les viticulteurs se tournent vers des solutions telles que Vintel.

Si aujourd’hui Vintel n’est utilisé que pour la viticulture, Philippe Stoop nous révèle une volonté « de l’adapter pour l’arboriculture fruitière ». Ce nouveau modèle labelisé par Agri Sud-Ouest Innovation est actuellement testé sur l’amandier en Californie.