Une nuée de précarité flotte au-dessus du babysitting. Lorsque la rémunération est inconstante, les horaires de travail irréguliers et l’activité ainsi désorganisée, l’exercer s’avère contraignant. Certains intervenants font appel à des organismes comme Family Sphère qui les mettent en relation des familles. D’autres préfèrent s’autogérer et travaillent comme assistantes maternelles. Des variantes de la garde d’enfants qui structurent l’activité différemment, et déblaient certains aléas du babysitting.

Des petites mains créatives écrasent adorablement un feutre sur une grande feuille vierge. Tout cela sous l’œil bienveillant d’une « nounou ». Christelle Da Silva est une nounou. Auxiliaire de vie depuis au moins dix ans, elle travaille pour Family Sphere Colomiers depuis plus de deux ans. Elle explique que l’organisme permet de « stabiliser le travail ».

« C’est très structuré, parce qu’il y a un contrat » affirme Christelle. « Les intervenants signent un contrat avec l’organisme, qui signe un contrat avec les familles », un cadre rassurant selon elle. Aude Jalbaud, la directrice de Family Sphere Colomiers explique effectivement que la structure va « répondre à la volonté de l’intervenant ». Elle ajoute que « lorsque l’intervenant est face à des conflits, on assume les responsabilités ».

Des horaires et un salaire réguliers

Ce contrat dont parle Christelle permet une rémunération fixe. « Dix euros et quelques de l’heure, congés payés, dans ma poche. Alors qu’auprès de particuliers il n’y a pas de garanties, ce sera dix euros mais sans frais compris. » Afin de régulariser le salaire, l’organisme fixe des postes sur la longévité et certains postes ponctuels en plus. La première catégorie permet un quota minimum par semaine. L’emploi du temps est également organisé par la structure selon les disponibilités des intervenants. Ceux-ci travaillent également dans leur périphérie.

L’organisme est donc une sorte d’intermédiaire entre les familles et les gardes d’enfants qui harmonise et structure les rapports. Les clients, les familles, déposent leurs demandes et selon les compétences demandée, Family Sphere va « trouver de bons profils correspondant aux familles ». Tous les profils proposés ont à priori de l’expérience dans la garde d’enfant et n’ont pas de casier judiciaire, des critères d’embauche.

Des enfants en activité collage. /Photo : Sandrine Bouisset, garde d’enfants pour Family Sphere

L’assistante maternelle, une garde d’enfants plus autonome

Il y a encore d’autres façons d’exercer la garde d’enfants. Christine Leroy est assistante maternelle. Elle accueille jusqu’à quatre enfants chez elle et « mène sa barque » comme elle veut. Elle fournit sa propre structure et « gère tout l’administratif ». Une fonction plus indépendante qui repose sur le bouche à oreille, car elle ne s’exerce pas à travers un organisme. Certains se regroupent même pour former des MAM (Maisons d’Assistants Maternels). «  Ils louent une maison et y accueillent des enfants ensemble » explique Christine Leroy.

Selon elle, l’ultime critère pour exercer ce métier est « le plaisir de s’occuper des enfants. Sans quoi l’on ne tient pas le coup ». À savoir que c’est un métier qui exige de lourdes responsabilités, dont il faut avoir conscience. L’assistante maternelle ajoute qu’ « il ne faut pas faire ça pour » l’argent, car ce n’est « financièrement pas facile ».

Selon Christelle Da Silva ce travail est finalement plus approprié « aux jeunes qui débutent dans la vie ». Des jeunes dont la rémunération n’est pas une nécessité pour arrondir les fins de mois, et qui sont motivés. Avant tout l’on est « responsable d’humains », et c’est « mal payé pour ce que c’est ». Les organismes tels que Family Sphere permettent d’amortir les difficultés financières et fournissent une activité annexe stable. Ils ouvrent ainsi leurs portes aux profils étudiants.

Photo de l’article: Promenade en forêt dans le cadre d’un « babysitting » à Saint-Pé-d’Ardet. / Noémie Bouisset

Infographie de Noémie BOUISSET sur les gardes d’enfants :

Noémie BOUISSET