Début des hostilités le samedi 17 novembre dans la totalité de l’hexagone. Les gilets jaunes manifestent pour la première fois et c’est loin d’être la dernière. Au fil des semaines le mouvement s’endurcit. Les débordements se multiplient, laissant les commerçants sur la touche.

Au coeur de la ville rose, les commerçants prennent la parole. Plus de 700 commerces toulousains se mobilisent. Au milieu des vitrines, un message de détresse: « commerce en danger à vendre ». Un panneau aux couleurs vives et à la police imposante semble clamer leur désarroi. Si pour la plupart des commerces du centre ville ces panneaux ont déserté les vitrines, leurs revendications n’en sont pas moins importantes. Depuis maintenant plus de deux mois les gilets jaunes se mobilisent chaque samedi. Un problème majeur pour les commerçants qui peinent à maintenir un chiffre d’affaires correct.

Des chiffres inquiétants

La période de Noël est l’une des plus florissante pour le commerce français. C’est initialement à cette occasion que le chiffre d’affaire monte en flèche. La fin de cette année 2018 ne semble pas tenir ses promesses. Les manifestations hebdomadaires et débordements à répétition sont devenus un problème majeur. Grand nombre de commerçants perdent un quart voire même la moitié de leur chiffre d’affaires du samedi. Shany vendeuse dans la boutique « Athénée » située au coeur des Carmes, affirme plus timidement qu’ils ont « réussi à ne pas trop se retrouver dans le rouge… ». Le but est désormais de limiter la casse. L’objectif d’un chiffre d’affaires grandissant ou même stable ne semble pas envisageable. Malgré tout la majorité des commerçants toulousains ne baisse pas les bras et maintiennent les horaires d’ouverture habituel chaque samedi. Leur temps de travail est tout de même limité sur la matinée avant que les manifestations ne commencent. C’est aujourd’hui la seule alternative à la baisse de fréquentation du centre ville qui impact nettement nos commerces.

« Ça fait deux mois qu’on y échappe, là ils ne nous ont pas épargnés »

Au delà d’un chiffre d’affaires en baisse, les dégâts matériels sont aussi de la partie et ce sont les commerçants qui en payent les frais. Depuis le début de la mobilisation, les « casseurs » se mêlent aux gilets jaunes. En centre ville de Toulouse ce samedi 26 janvier c’est le magasin Swaroski (parmi tant d’autres) qui a été touché. Camille employé au sein de l’enseigne explique: « batte ou marteau à la main je sais plus, ils ont donné trois ou quatre coups dans la porte, ce qui l’a fait voler jusqu’à la caisse en mille morceaux de verre. On a failli perdre nos yeux! Heureusement ils ne sont pas rentré mais ils nous ont longuement fixé dans les yeux. ». Une situation plus que difficile pour les commerçants qui au delà d’un chiffre d’affaire se sentent réellement en danger. « On ne veut plus être là le samedi » affirme Camille. Par sécurité et pour éviter un maximum de dégâts, les employés ont pour ordre de fermer les portes du magasin dès que le cortège de manifestants approche. « C’est la seule chose que nous puissions faire » déclare Camille d’une voix inquiète.

Sur Twiter massif est le soutien aux commerçants et artisans toulousains: