Préserver la planète semble être un enjeu de plus en plus important pour les français. Des concepts comme le recyclage et la récupération permettent de limiter la surproduction de déchets dans le monde. Cependant la démarche de récupération n’est pas un phénomène général et récupérer des détritus pour les stocker ailleurs n’a pas de sens. Dans ce cas, comment peut-on récupérer de manière intelligente en offrant une nouvelle vie à des objets jugés inutiles?

La récupération est une activité qui peut être réalisée de manière individuelle ou en groupe, dans un but purement bénévole ou bien avec un bénéfice. Le but reste cependant le même, éviter le gaspillage en donnant une seconde vie à des déchets.

Fabriquer en étant responsable

Transformer des déchets en oeuvres d’art n’est pas un concept nouveau, l’artiste Pablo Picasso le faisait déjà en son temps. Cette pratique est toujours présente de nos jours, et pas forcément par des artistes de profession. Franck Matusz est un restaurateur de la région toulousaine. Il est le propriétaire des deux restaurants Frites Factory situés à Plaisance-du-Touch et Colomiers. Depuis 2015, Franck Matusz base la décoration de ses restaurants sur la récupération d’objets jetés. Cela va d’un simple tas de bouteilles en plastiques pour faire un parasol à un conteneur entier pour édifier son établissement. « C’est simple, j’ai pris le train en marche. La récup c’est quelque chose de tendance, j’ai voulu rester dans l’air du temps ». L’entrepreneur est allé jusqu’à récupérer un morceau de carlingue d’avion pour le thème de son restaurant situé près de l’aéroport de Blagnac. « Avec tout ce qu’on jette il faut trouver une utilité à tout ça ».

Si cette initiative a évidemment un but écologique, le restaurateur accorde aussi de l’importance à ce qui va en résulter. « Je recherche une harmonie dans ce que je fabrique. J’ai une conserve, un bout de ferraille, j’en fais quoi? ». Par ailleurs, Franck Matusz reconnait l’avantage économique à fabriquer son propre mobilier, ce qui lui permet de partager sa créativité et de se démarquer de ses concurrents.

Ce concept semble plaire aux clients. Christelle Leroux est commerciale et travaille à proximité du restaurant. Depuis qu’elle a découvert l’enseigne, elle y retourne de temps en temps. « La première fois on trouve ça rigolo, après on voit tout le travail et l’imagination derrière ». Elle salue également l’initiative éco-responsable « C’est noble d’utiliser ces matériaux pour sa déco, il se met dans l’air du temps ».

Récupérer pour réutiliser

La récupération semble être un acte éco-responsable qui gagne en popularité. Le site internet Gralon répertorie au moins 33 associations à Toulouse œuvrant pour le recyclage. L’une d’elles par exemple se sert de matériaux de récupération pour faire de l’artisanat. L’association se nomme L’atelier des Bricoleurs et permet à des particuliers ou professionnels de réaliser des projets de menuiserie et métallurgie en se basant uniquement sur de la récupération. Le but est de créer une alternative à la fabrication d’objets qui soit en accord avec l’environnement.

La récupération sans transformation n’est pas une solution en soi. Ces acteurs du recyclage l’ont bien compris en redonnant une seconde vie aux objets qu’ils récupèrent que ce soit dans un but artistique ou bien utilitaire.

Nicolas SADOURNY