« Toulouse et ses mégots ! » Du 21 au 25 janvier, une exposition photo recouvrait les murs nus de l’université Toulouse 1 Capitole. Derrière ces clichés se trouve l’association Champ d’Actions qui lutte pour sensibiliser les jeunes aux méfaits du mégot sur l’environnement.

Petit et discret, il a su forger sa place dans le paysage urbain. Chaque année, 30 milliards de mégots sont jetés en France. Un triste chiffre qui a résolu Florence Ducroquetz, avocate de formation, à fonder l’association Champ d’Actions en 2016. Par diverses initiatives, les 550 membres de celle-ci cherchent à afficher les conséquences dramatiques du mégot sur l’écosystème, et ainsi inviter les jeunes à adopter de nouveaux gestes. 

L’exposition photo « Toulouse et ses mégots ! » s’appliquait à défaire de son aspect anodin le mégot de cigarette. Présidente de l’association, Florence Ducroquetz a établi une cartographie de la répartition de ces derniers dans Toulouse. « A chaque fois, c’est autour des écoles et des campus universitaires que l’on retrouve le plus de mégots. » Un constat qui justifie le choix de Champ d’Actions d’exposer les photographies dans le hall de l’université toulousaine. Cet événement est aussi l’occasion d’inciter les étudiants à ne plus jeter les mégots par terre. Présents sur les lieux, les bénévoles distribuent de petits cendriers de poche, permettant de stocker momentanément les résidus de cigarette.

« Ramasse ton mégot ! »

Ramasser 975.000 mégots en deux heures, un défi impossible réalisé par l’association Champ d’Action. Le 17 octobre 2018, 200 jeunes volontaires ont nettoyé les rues de la ville rose de ces mégots de cigarette. Une manœuvre gigantesque au message clair : la planète n’est pas une poubelle !

 L’ensemble des mégots collectés lors de ces opérations sont ensuite acheminés vers un centre d’incinération à Portet-sur-Garonne. Florence Ducroquetz explique le choix des membres de l’association de ne pas recycler ces déchets. « Aujourd’hui, les mégots qui arrivent dans les centres de recyclages sont trempés dans des bains d’eau, pour être débarrassés des substances chimiques qu’ils contiennent… Mais, on n’a pas de réponse claire sur ce qu’il advient de ces eaux. » En effet, gérée par l’entreprise MéGO, il existe en Bretagne une usine qui transforme ces déchets en plaques de plastique servant à faire du mobilier urbain. Reste à découvrir comment éliminer les polluants contenus dans les bains d’eau, pour ne pas qu’ils finissent, une fois de plus, dans la Garonne…

Emmanuel CLEVENOT