Nous avons décidé de nous intéresser aux commerces (petits ou grands) qui permettent de faire les courses sans emballage ou en évitant le suremballage. Comment ? En vous proposant de faire vos courses en vrac.

Contrairement aux croyances populaires, la vente en vrac n’est pas moins hygiénique que les rayons habituels des grandes surfaces. Si le produit fini est vendu sans emballage au consommateur, il a été couvert pour le transport, la réglementation française étant très ferme à ce sujet. Flora, cofondatrice d’Ô Local Bio (à Saint-Michel), nous en a parlé : “En terme d’hygiène c’est encadré. On ne vend pas n’importe quoi n’importe comment. On a des silos, une chambre froide…

Une question d’engagement

Sans surprise, le commerce le plus engagé écologiquement est aussi le plus petit. Selon la commerçante, “on oublie que le bio c’est aussi se rapprocher du cycle de vie de la nature. Par exemple, pour les fruits et légumes, on n’a que ce qui est de saison”. Quant aux producteurs, ils sont Français et suffisamment rémunérés “pour pouvoir avoir une vie de famille sans faire 60h par semaine”. D’ailleurs, les circuits courts permettent une meilleure traçabilité des produits et les consommateurs ont la possibilité d’en connaître les détails : “On peut parler de l’origine des produits (avec les clients, ndlr), on peut aussi parler de la rémunération des producteurs […] on n’essaie pas du tout de tirer les prix vers le bas pour faire du bio pas cher”. Effectivement, lorsque l’on demande ces mêmes renseignements en hypermarché, la réponse est souvent floue, bien que cela puisse varier d’un produit à l’autre.

Aussi, la vente en vrac n’est pas la même partout. En hypermarché, les clients se munissent de sacs en papier. Dans certains commerces, comme celui-ci, “pas de poches, pas de sacs, on préfère privilégier nos propres contenants”. Les clients amènent eux-mêmes leurs bocaux ou s’en munissent gratuitement sur place. Objectif : réutiliser indéfiniment vos emballages plutôt que de les jeter. Et puis le vrac, c’est surtout et avant tout pour les clients la meilleure façon de gérer les quantités de nourriture dont ils ont besoin : “vous pouvez acheter 2 oeufs ou 7 ou 11 ou 25. Ça évite d’en acheter dix (un format standard, ndlr) et de se rendre compte qu’ils ont dépassé la date”.

L’offre et les prix varient beaucoup

Nous avons comparé l’offre et les prix d’un hypermarché proche de Toulouse, celle d’un supermarché bio et celle d’un petit commerce spécialisé en la matière à Toulouse.

© Presse Orange

Malgré leurs tailles, les hypermarchés consacrent peu de leur espace à la vente en vrac. La gamme de produits proposée est restreinte. Cependant leurs prix sont attractifs et bien en deçà de ce que nous avons pu constater ailleurs. Les supermarchés bio proposent bien plus de choix, pour un prix qui varie et se confond parfois avec les rayons bio des supermarchés classiques. Le petit commerce est le plus cher, mais les économies permises grâce au sans emballage et aux circuits courts permettent parfois d’être moins cher que les supermarchés bio. Ce fût le cas pour des noix de cajou, des pâtes ou encore des haricots rouges. En revanche, le choix y est. On y trouve même des produits ménagers… en vrac !

Melvin Gardet