Face aux difficultés que rencontrent les travailleurs du sexe pour se réinsérer, les associations communautaires de santé, en lien avec l’État, tentent d’apporter des solutions via la mise en place d’actions. L’accompagnement proposé au quotidien devient plus poussé au niveau du logement et des aides pour aider au maximum les personnes qui cherchent à sortir du système prostitutionnel.

Une grande part des prostituées se trouve coincée dans le travail du sexe. Ne pas sortir de la prostitution n’est pas un choix mais une conséquence des mauvaises expériences que ces personnes ont eu avec l’autorité et les institutions, par exemple dans leur enfance. Une conséquence du manque d’accès aux aides financières et de logement, des addictions à l’alcool ou aux drogues, que les travailleurs du sexe utilisent pour « se dissocier de leur corps », de leur situation de sans-papiers. Mais il existe aussi un fort traumatisme chez les personnes prostituées, proche de celui dont souffrent les victimes de tortures. Pour les aider à sortir de la prostitution, plusieurs associations œuvrent dans la région Occitanie mais aussi sur toute la France.

Les associations comme Grisélidis ou l’Amicale du Nid, associations de santé communautaire avec et pour les travailleuses et travailleurs du sexe, travaillent avec des bénévoles et des juristes qui aident les personnes prostituées à faire leurs demandes de visas et de logement, d’accès aux aides financières et tout ce qui touche à l’administratif. Les travailleurs du sexe sont accueillies dans des « locaux » ou des « locaux mobiles » sous forme de bus, où ils peuvent prendre des douches, manger mais aussi s’isoler avec des bénévoles pour faire le point sur leur situation. Ces moments sont souvent propices à l’accompagnement durant le processus de sortie de la prostitution. L’anonymat est assuré et le caractère confidentiel rassure ces hommes et ces femmes, ce qui leur permet de se confier et de se faire aider au mieux.

La loi du 13 avril, visant à lutter contre le système prostitutionnel et à améliorer l’accompagnement des travailleurs du sexe, a instauré le parcours de sortie de la prostitution et d’insertion sociale et professionnelle. Le programme est accordé pour 6 mois renouvelables et donne accès à des aides financières, à un accompagnement par les associations compétentes et à une autorisation provisoire de séjour pour les étrangers. José, éducateur spécialisé membre d’Entr’actes, qui a accepté de nous parler sur son temps personnel, explique qu’ils accompagnent les personnes sur un parcours de sortie uniquement si elles en font la demande, ils ne cherchent en rien à les inciter. Pour le moment, elles sont peu nombreuses à faire cette démarche…