Alors que la parole des Français se libère peu à peu sur ce fléau, l’Etat et des associations toulousaines enquêtent et accompagnent les victimes de violences ainsi que leur entourage.

Les chiffres sont significatifs : 45% des français suspectent au moins un cas de maltraitance dans leur entourage immédiat. Pour la victime, après le traumatisme causé par les violences vient l’emprise psychologique du bourreau. La parole elle, se libère. C’est une évidence pour Nathalie Willig, présidente de l’association l’Enfant Bleu à Toulouse depuis 2015. Pour cette dernière, les victimes osent désormais parler. Un revirement dû à l’évolution des mentalités mais aussi à l’intention des victimes d’être reconnues comme telles.

Depuis la loi Dorlhac de 1989, charge aux conseils départementaux d’enquêter. Des professionnels de la Maison des Solidarités de Toulouse évaluent les situations et déterminent le niveau de danger. Durant l’intégralité de la procédure, des associations comme celle de Nathalie Willig, proposent un accompagnement mêlant écoute, rencontres avec des professionnels et prévention en milieu scolaire : « nous intervenons auprès des écoles toulousaines concernant la maltraitance, mais aussi dans les collèges et lycées ».  Au siège, Avenue des Mazades, l’équipe se relaie. Psychologues et juristes accompagnent les victimes et leur famille.

Un site internet utilisant la géolocalisation pour faciliter la prise de parole des victimes

Présente également sur internet, l’association a lancé en fin d’année dernière un site permettant d’alerter et d’agir contre ces violences. Grâce à la géolocalisation une victime peut chercher de l’aide autour d’elle. Il est possible sur la carte numérique de trouver des institutions en région toulousaine en entrant son code postal. La plateforme permet également de s’informer et d’alerter sur d’éventuelles maltraitances.

« Il ne faut en aucun cas hésiter à contacter des structures qui pourront enquêter »

La peur, principal facteur de non-dénonciation de la part de l’entourage des victimes, persiste. Pour Nathalie Willig, « il ne faut en aucun cas hésiter à contacter des structures qui vont avoir des professionnels et pourront enquêter ». Le 119, numéro national pour la protection des enfants en danger, permet de témoigner anonymement. Le service enfance en danger de la Haute-Garonne est également joignable au 0 800 31 08 08.